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bal masqué

par Michèle Dessenne, Présidente du Parti de la démondialisation

Le 12 mars 2020

En ces temps gris et d’ambiance maussade, les deux prochains dimanche t’offrent une occasion en or pour jouer avec tous les électeurs au grand jeu coopératif inspiré du Bal masqué des coccinelles. Faute de carnaval de rue, je te propose le carnaval des urnes.

Si tu n’as pas déménagé depuis les précédentes municipales joue au grand jeu du « je retrouve le parti politique des candidats de chaque liste ». Pas facile parfois sauf si tu connais son visage. Si tu viens d’emménager dans une commune alors là cela frise l’exploit. Il faudra mener une véritable enquête auprès des habitants, fréquenter assidument la médiathèque pour puiser dans les articles de 2014 afin d’identifier qui est qui et qui disait quoi à l’époque et le confronter avec le masqué de 2020. Si cela t’amuse tu pourras aussi t’engager dans la seconde bataille : celle du dévoilement le 22 mars !

Un peu de patience tu vas vite comprendre. Voici les règles du jeu initial : « Au bal masqué des coccinelles »

Huit petites coccinelles rêvent de se rendre au bal masqué. Pour cela, elles doivent se déguiser de points multicolores sur le dos. Tous les joueurs doivent se réunir pour aider les coccinelles à se déguiser, vite avant que les fourmis ne viennent gâcher la fête!

Au début de la partie, elles sont un peu monotones, puisqu'elles sont recouvertes de petits points d'une seule couleur sur le dos. Au cours de la partie, les petites coccinelles cherchent à trouver des copines qui acceptent d'échanger des points de couleur, car seules les coccinelles couvertes de points de couleurs différentes peuvent se rendre au bal masqué (ohé ohé).

C'est un jeu indispensable à faire découvrir aux enfants à partir de 4 ans. A cet âge-là, les jeux coopératifs sont de bons moyens pacifiques de leur faire découvrir l'univers des jeux de société.

La partie peut s'arrêter de deux manières différentes

  1. 1. Toutes les coccinelles sont toutes déguisées et la fête peut commencer ! Les joueurs ont tous gagné la partie.
  2. 2. Toutes les fourmis sont parvenues à la fête avant les coccinelles... Pas de chance, les joueurs ont tous perdu la partie.

Voici pour toi, en exclusivité et gratuitement un jeu adapté : « Le bal des urnes » ou encore la « Mascarade électorale ». Je traduis un peu ?

D’abord tu t’organises en famille ou avec des amis ou même des voisins si affinités. Soirée à la maison, en petit groupe. Précaution d’usage : chacun vient équipé d’un masque chirurgical, un stylo bien désinfecté, des gants jetables et un flacon de gel désinfectant. (Tu peux lancer un emprunt participatif sur le net pour financer les achats ou encore faire fonctionner tes réseaux pour les obtenir).

Chacun apporte aussi des gommettes de toutes les couleurs. L’organisateur réunit les professions de foi des listes de sa commune (normalement tu devrais les recevoir par la Poste).

Le but du jeu : affecter des gommettes de couleurs aux candidats composant les listes.

La tâche sera parfois rude et nécessite une bonne mémoire collective. Je te donne un exemple concret : Bleu pour un LR, Rose pour un PS, blanc pour un LREM, rouge pour un PCF, Vert pour un écolo. Tu suis ? Bon. Mais ça peut se compliquer : il faudra attribuer une gommette à un LR passé à LREM, à un PS passé à LREM, un Vert passé ailleurs, un ailleurs devenu Vert, un ex Front de gauche redevenu PCF, un dissident ou exclu de LFI, un PG sous masque LFI, un LR devenu RN (ex FN), etc.

Ne te fie surtout pas au nom de la liste car il ne comporte aucun indice. Une dénommée liste citoyenne méli mélo peut comporter d’étranges partenariats : on peut y dénicher un gilet jaune copinant avec un LREM, un LFI main dans la main avec un PS d’avant la chute, un Génération ex PS, et même des RN avec des LR qui ne savent même pas qu’ils sont ensemble ! Attention aussi aux cinquante nuances de vert qui peuvent cacher un PS, un PCF défroqué, un gauchiste qui s’est lâché, un ex souverainiste égaré… Toutes les combinaisons sont possibles. A toi de les découvrir.

Une fois ce travail collaboratif citoyen terminé, tu passeras au débat : tes candidats auront des gommettes de couleur différentes mais il te faudra ensuite accorder une couleur à la liste entière.

Evidemment il y aura des joueurs avantagés et notamment ceux qui résident dans les métropoles où les candidats sont souvent des figures nationales connues (genre ex ministres). Prenons Paris, au hasard : Hidalgo, Dati, Buzin, Villani (le mathématicien à la lavallière exclu de LREM ).

Bon tu suis ? Je te sens un peu perdu.e. (t’as vu l’écriture inclusive ? Ça peut t’aider pour repérer un.e candidat.e et lui attribuer une couleur)…

Ce qui compte c’est de passer un bon moment de franche rigolade. Pour t’ambiancer je te conseille un fond musical adapté : Le Bal masqué de la Compagnie créole (2).

Car finalement l’enjeu est dérisoire. Que tu votes ou pas ça ne changera rien.

Je ne voudrais pas te pourrir la vie avec des trucs compliqués ou sérieux du genre loi NOTRe, métropole, grandes régions, euro régions, intercommunalité obligatoire, fusion de communes, municipalités sans fric, au bord du gouffre, et parfois sans candidat… Sans compter la prochaine étape préparée par la Macronie : la loi 3D (décentralisation, différenciation, déconcentration), nouvelle étape de « décentralisation » chaudement préconisée par l’Union européennne, et qui nous rapprochera d’une République totalement à la carte et du modèle allemand des Länder…

Allez, tant pis je craque et je cite un extrait d’une interview publiée le 10 mars 2020 de Rémi Lefebvre politologue et professeur de science politique.

« Plusieurs scénarios se dégagent avec des listes citoyennes pilotées en réalité par des partis politiques ; des listes mixtes associant ouvertement militants politiques – plus souvent de gauche – et citoyens comme à Strasbourg, Amiens ou Toulouse ; ou des listes s’appuyant sur des mécanismes sophistiqués avec tirage au sort sur candidatures libres, ce que je n’ai jamais vu dans aucune autre élection municipale jusqu’alors !

L’offre politique est-elle totalement brouillée ?

« Cette décomposition des partis se double d’une fragmentation de l’offre politique. C’est le cas particulièrement à gauche, où les alliances sont très variables, avec des partis et des mouvements tels Génération.s, Place publique, Nouvelle Donne, Les Verts, LFI et le PS, qui entendent avoir des élus aux élections municipales parce que c’est la condition de leur existence. Tout cela aboutit à un brouillage de l’offre politique inédit depuis les années 1960. La République en marche (LREM) y contribue fortement avec des alliances à géométrie variable faute de militants locaux et des soutiens de candidats de droite comme à Amiens, Toulouse ou Nice. Dans ces villes, LREM soutient des maires sortants de droite. Les dissidences sont par ailleurs nombreuses. À gauche et à droite également, les stratégies diffèrent selon les villes et les territoires. Ce brouillage généralisé va rendre l’interprétation nationale des municipales difficile, voire impossible, ce qui, finalement, arrange tous les partis politiques. Seuls les Verts jouent clairement la stratégie nationale parce qu’étant la force montante depuis les élections européennes, désireuse d’asseoir son leadership à gauche dans l’optique des élections régionales et présidentielle. La décomposition du jeu politique national pourrait toutefois être ralentie si LR et le PS préservent la direction des grandes métropoles qu’ils détiennent aujourd’hui – Lille, Paris, Nantes ou Rennes pour la gauche, Marseille, Toulouse ou Bordeaux pour la droite. »

Quelles seront les conséquences de cette situation politique inédite sur la gestion des communes après les élections ?

« Je suis frappé par la forte standardisation des politiques municipales : tout le monde fait plus ou moins pareil, autour d’un référentiel de l’attractivité. La vidéosurveillance, par exemple, s’est généralisée alors que la gauche y était hostile. On peut s’opposer au moment des élections, mais la continuité des politiques publiques est forte malgré les alternances. Quant aux enjeux intercommunaux, ils sont désespérément peu évoqués. D’une certaine manière l’élection municipale est un trompe-l’œil démocratique dans la mesure où on ne discute pas des enjeux intercommunaux et métropolitains. C’est un paradoxe : l’écologisation des agendas municipaux est forte mais cette question ne peut être appréhendée et traitée véritablement qu’à l’échelon intercommunal. Or l’intercommunalité ne s’est pas suffisamment démocratisée faute d’élection au suffrage universel direct – sauf à Lyon –, et les candidats continuent d’entretenir l’illusion auprès de leurs citoyens que cela se joue au niveau municipal. C’est faux et c’est choquant sur le plan démocratique ! »

Si tu t’es bien amusé tu pourras aussi t’engager dans la seconde bataille : celle du dévoilement, le 22 mars !

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1. Mascarade, définition (Larousse) :

   Réunion ou défilé de personnes déguisées et masquées.

   Déguisement étrange, accoutrement ridicule.

   Comédie hypocrite, mise en scène trompeuse : La réunion fut une mascarade.

   Divertissement d'origine italienne et de caractère aristocratique, constitué par des scènes ou des entrées allégoriques, mythologiques, satiriques ou burlesques de personnages masqués, entremêlées de musique, de danse et de poésie. (Elle fut une des sources du ballet de cour.)

 2. Extrait paroles Le Bal masqué, La Compagnie créole :

Au bal, au bal masqué, ohé, ohé

Elle danse, elle danse, elle danse au bal masqué

Elle ne peut pas s'arrêter, ohé, ohé

De danser, danser, danser, danser, danser

C'est l'occasion rêvée de changer de partenaire

Superman (Superman) Spiderman (Spiderman)

On peut s'envoler en gardant les pieds sur terre

Joséphine (Joséphine) Colombine (Colombine)

Aujourd'hui j'embrasse qui je veux, je veux

Devinez, devinez, devinez qui je suis

Derrière mon loup, j'embrasse qui je veux, je veux

Aujourd'hui, (aujourd'hui) tout est permis (tout est permis)

Aujourd'hui, (aujourd'hui) tout est permis (tout est permis)

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