LA FOIRE DU TRÔNE ÉLECTORALE 2026 : RITUELS, INJONCTIONS ET REVIREMENTS !

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Municipales 2026

Par Michèle Dessenne, présidente du parti de la démondialisation

Alors que l’abstention a désormais gagné les élections municipales (1) comme forme d’expression d’une défiance envers le jeu politique, bien loin de la démocratie réelle, les médias restent sourds aux raisons qui ont généré cette attitude d’un nombre de plus en plus important de citoyens. Télévisions, radios, presse continuent de seriner la même comptine, autrement dit « une formulette, poème simple, récité ou chanté, souvent accompagné d'une mélodie afin d'amuser et d'éduquer les petits enfants. Au départ c’était un poème ludique qui servait à compter dans un groupe pour désigner celui qui tiendra telle ou telle place dans le jeu… » Mais les citoyens et citoyennes ont-ils besoin d’être éduqués ou ont-ils plutôt un temps d’avance sur ceux qui prétendent à gouverner, au local comme au national ? Comment deviennent-ils abstentionnistes et pourquoi ? Et qui parmi eux en premier ? En 2026, d’abord les 25-34 ans (60%),  les plus jeunes 18-24 ans (56%), les ouvriers à égalité avec les chômeurs (55%), les employés (50%) tandis que les catégories CSP +, elles, votent tout comme les retraités, en particulier les plus de 70 ans (74%). Retenez aussi que tandis que les ménages disposant de moins de 1 250 euros par mois sont 62% à s’abstenir, 62% de ceux qui disposent de plus de 3 000 euros par mois glissent un bulletin dans l’urne. Et plus on est diplômé plus on vote ! Voilà qui aurait dû alimenter commentaires et débats et put concerner les 48,7 millions d’électeurs appelés à voter pour le premier tour. 
Hélas, a contrario, de nombreuses attractions ont été scénarisées et diffusées avant, pendant et après les résultats. Pas sûr qu’elles aient franchement motivé les citoyens et citoyennes et encore moins convaincus de l’intérêt à aller voter ! Au fond, c’est bien ce que décriaient les Gilets jaunes qui dénonçaient leur invisibilité et l’abandon dont ils sont victimes. 
Le show médiatique des municipales n’a fait les yeux doux qu'à l’entre-soi des catégories les moins martyrisées par le néolibéralisme.
L’enjeu réel pour les médias et les partis en lice a été en priorité de préparer le terrain de la Présidentielle de 2027, la bataille des batailles d’une constitution dépassée et mortifère pour la démocratie. Alors, évidemment… Pas touche, le peuple, vote et tais toi  !

Médias du service public ou privés, même storystelling !

Outil publicitaire au service des marques, le storytelling, en français la narration, devenue « le narratif » expression chère aux membres du gouvernement Macron, repose sur les 4 P du People (personnages), Purpose (objectif), Plot (intrigue) et Places (contexte) qui sont les fondations d'une histoire percutante.
Traduction en période électorale : des personnages forts (Mélenchon, Bardella, Faure, Cioti et Retailleau), les objectifs : faire mousser l’antagonisme, l’intrigue : qui des « moraux », des « responsables » ou des « délinquants » va gagner et qui sera exclus du jeu… Un vrai Koh Lanta en col blanc !
Le choix des invités sur les plateaux vise à  alimenter non pas le débat mais l’intrigue, à tenir le suspens au maximum, affirmer de pseudo vérités et entretenir l’audimat. 

Découpage narratif des Municipales 

Avant : le grand déballage. Les condamnations des « extrêmes » sont assénées telles des mantra (2). La moralité des partis sérieux d’un côté contre les outrances et la dangerosité de l’autre. Deux partis sont bannis : LFI, qualifiée d’extrême gauche, gangrenée par l’antisémitisme et le RN, l’ogre qui grignote les bons enfants de la droite et du centre « responsable ». Envolées lyriques de la « bonne gauche » et en particulier du PS, qui a su trouver des compromis à l’Assemblée nationale avec le « bloc gouvernemental », et de la « droite légitime » les LR. À gauche et à droite mêmes cris d’orfraie pour dénoncer l’infréquentabilité des deux partis « hors du champ républicain » donc pas d’alliance avec eux, pas de désistement, car « nous, on a des valeurs » ! Comme d’habitude, les médias ont fait la part belle à tous les « experts », grands sachants et pronostiqueurs qui lisent dans le marc des sondages… En toute objectivité bien sûr.
Ajoutons à cela, pour l’émotion et faire croire à la comptine, de beaux discours sussurés ad nauseam : les Français aiment leur maire, leur conseil municipal, la proximité que les élus entretiennent avec eux. Le niveau pur de la démocratie en quelque sorte… 

Premier tour : outre le niveau de participation fourni par les sondeurs : 57% annoncés quasi triomphalement, l’opération suspens est lancée. Diantre,  il ne faut pas décoller des chaînes de télé ! Les résultats vont faire monter la pression sur les ondes et les plateaux. On s’y amuse bien, on dégobille des leçons de morale à peine déguisées ; il y a même une journaliste du service public qui,  ignorant que son micro était resté ouvert, a nommé Cioti Benito ! Et pan, interdite de second tour, car ce qui se partage en coulisse en rigolant ne doit pas être entendu par le public… Par contre, peu de commentaires sur les 68 communes où aucune liste n’était présentée, où des délégations spéciales, chargées d'administrer la commune et d'organiser de nouvelles élections dans un délai de trois mois sont mises en place par les préfets. Rien à propos des 23 679 communes (sur un total de 34 875) où une seule liste était soumise au vote. 

L’entre-deux tours ne concernait plus que 17 092 867 électeurs  dans 1 590 communes seulement, et surtout des villes. Il a donné lieu à divers tours de passe-passe. Ce qui a mobilisé les médias et les partis en lice : existera-t-il des accords techniques ou autres avec LFI dans les communes où la « gauche morale » est en tête et a besoin de voix pour gagner le deuxième ? Certes Faure du PS avait déclaré pas d’accord national mais le diable est toujours dans les détails « c’est aux candidats de prendre la décision » déclarait-il ensuite… Ouah ! Ça s’excitait sévère entre cheffaillons du PS. Quel rebondissement ! Parallèlement, Bardella jouait du violon sur l’alliance des droites… Et pendant ce temps les négociations locales allaient bon train, sous la surveillance des chefs de partis… Ailleurs, loin des médias en surchauffe réalisant moult calculs, additions, pourcentages  et suppositions, le RN avançait vers la conquête de nouvelles municipalités.

Deuxième tour : Paris, Marseille refusent tout accord avec le diable LFI mais le candidat PS à Marseille profite bien du retrait de la liste LFI… Lyon (écologistes alliés au PS et PCF) accepte le « deal ». Et la gauche morale à l’eau tiède l’emporte dans ces trois principales villes de France, toutes liées à des métropoles qui auront la main sur elles !
Pendant ce temps, des communes ouvrières du Pas-de-Calais, dans le bassin minier, tombaient aux mains du RN tout comme des communes moyennes du Sud de la France.

Les médias de désinformation ont fait le job !

Aucune info ni débat sur les réformes territoriales engagées depuis François Hollande (loi Notre notamment) et poursuivies par Macron, qui ont ôté aux communes de nombreuses compétences, les ont laissé dépendantes des Intercommunalités, agglomérations, régions et métropoles et les ont privé de plusieurs sources de recettes dont la taxe d’habitation.
Pas de débat sur l’impact de l’Union européenne, du Traité de Lisbonne et des paquets de directives encadrant les appels d’offres des marchés publics, ni sur la loi 3DS de Macron.
Pas de bilan de la fusion des communes dont le nombre est passé de 36 000 à 34 875, ni sur les déserts médicaux, les fermetures d’hôpitaux de proximité, de bureaux de poste, de commerces de proximité, de PME, d’usines. Pas de débat sur l’emploi,  le taux de chômage selon les villes, les bourgs et les campagnes, sur l’agriculture, les écoles, les transports, etc.
Pas de débat sur le pouvoir des communes, sur les institutions françaises, sur la constitution, sur la souveraineté populaire.

Décidément tout reste à re-faire ! 
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1.  On dénombre 48,7 millions d’électeurs appelés à voter pour le premier tour, et 17 092 867 électeurs appelés à voter pour le second tour. (Ministère de l’Intérieur)

Au premier tour, le taux de participation définitif s’élève à 57,1 %.
Au premier tour des élections de 2020, il était de 44,66 %.
Au premier tour des élections de 2014, il était de 63,55 %.
Au premier tour des élections de 2008, il était de 65,11 %

Au second tour, le taux de participation définitif s’élève à 57,03 %.
Au second tour des élections de 2020, il était de 41,86 %.
Au second tour des élections de 2014, il était de 62,13 %.
Au second tour des élections de 2008, il était de 65,24 %.

2.    L’étymologie ferait traduire : instrument de pensée ; mais c'est aussi un instrument d'action et de salut. » Dans un article rédigé pour Universalis, il décrit les mantra comme des « formules sacrées à usage liturgique, rituel, spirituel ou magique ». Source : Le Robert.