En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de cookies de suivi et de préférences

      S'enregistrer  

Grec Anglais Espagnol pt it dt ru

A A A

Le massacre du peuple grec se poursuit.

Le quotidien allemand Handelsblatt avait pourtant publié une étude montrant que 95 % de la supposée « aide » à la Grèce était retournée aux banques et à ses créanciers.

Le « budget grec », hier accusé de ruiner tous les « Européens », n'en n’avait récupéré que 5 % et à quel prix : réduction d'un quart du PIB, administration réduite d'un tiers, Etat encore plus défaillant qu'auparavant sans aucune perspective de reprise.

Après la reddition d’Alexis Tsipras devant le système de Bruxelles, le Premier ministre grec qu’elle avait soutenu avec enthousiasme, la « gauche de la gauche » européenne s’agite en tous sens pour retrouver un peu de crédibilité. Mais comme elle reste farouchement opposée aux seules mesures qui permettraient de débloquer la situation – la lutte pour la sortie de l’euro et de l’Union européenne, c’est-à-dire la lutte contre l’ordre néolibéral mondial – elle en est réduite à des manœuvres de diversion. Il s’agit de faire semblant de s’opposer. Tout est alors question de rhétorique. Monsieur Laurent, du PCF, ne s’y essaye même plus, il a carrément rallié le PS sur ces questions et arbore à sa boutonnière une épinglette du drapeau européen ! Messieurs Mélenchon, Lafontaine, Varoufakis quant à eux rivalisent dans une surenchère verbeuse contre l’Union européenne. Mais ce n’est que du vent. L’essentiel – sortir de l’euro et de l’Union européenne – reste désespérément absent de leurs diatribes. Tel est leur nouvelle vocation : constituer le dernier rempart – avec l’extrême droite – de protection de l’Union européenne en entraînant les citoyens excédés par ce système dans des impasses.


C’est pourquoi nous publions avec son autorisation l’éditorial de Pierre Levy, rédacteur en chef de Ruptures, paru dans l’édition du 25 février 2016. Notre parti est en effet en accord complet avec son point de vue.

Le Premier ministre grec, Alexis Tsipras, a démissionné le 20 août 2015 et prononcé la dissolution du parlement. Il ne disposait plus de majorité puisque sa politique avait conduit à diviser son parti, Syriza. En faisant le contraire des engagements qu’il avait pris, le Premier ministre grec a ainsi provoqué le départ du tiers des membres de son parti (sur 35.000 adhérents) et du tiers de ses parlementaires. Ses soutiens au parlement se sont alors réduits à 119 députés sur 300. Les lois étaient désormais votées grâce aux députés de droite (Nouvelle Démocratie) et socialistes (Pasok), ceux précisément contre lesquels Syriza avait lutté. Ces partis avaient accepté et mis en œuvre les deux premiers mémorandums ayant saigné la Grèce à blanc, pour être ensuite rejetés par la population notamment lors du référendum du 5 juillet 2015 (61% de NON).

Les efforts de la Grèce pour se sortir de la crise qui l’étrangle ressemblent au combat de David contre Goliath. Hélas, contrairement à la légende, c’est Goliath qui a triomphé. Les élections législatives anticipées qui se sont tenues en Grèce le 20 septembre 2015 ont fait apparaître la morosité, le découragement, le fatalisme, le désenchantement, l’ennui, l’apathie, la lassitude, la résignation d’une grande partie de la population. Telles étaient les expressions qui revenaient le plus souvent chez les commentateurs. C’est le « parti » de l’abstention qui était arrivé en tête avec 43,5%, particulièrement chez les jeunes et les classes populaires. C’était le niveau le plus élevé depuis la fin de la dictature en 1974. Elle n’était que de 36% lors des législatives de janvier 2015 quand Syriza rassemblait davantage de voix que l’abstention, ce qui n’était plus le cas en septembre de la même année. Il est vrai que les Grecs avaient de nombreuses raisons d’être déçus et démobilisés par la capitulation du Premier ministre Tsipras. Son parti, Syriza, la droite, les centristes et les socialistes s’étaient engagés à appliquer le même programme...

La menace proférée par la Banque centrale européenne (BCE) et l’Allemagne de sortir la Grèce de l’euro n’était qu’une machination. Nous le savons avec certitude car le 16 septembre 2015, le vice-président de la BCE, le portugais Vitor Constâncio, dans une interview à Reuters (il est possible de la consulter sur le site de la BCE), déclarait que la menace de la sortie de l’euro « n’a jamais été lancée pour de vrai parce que ce ne serait pas légal [...] Il n’y a jamais eu de doutes pour la majorité des pays membres, nous maintenons que l’euro est irréversible [...] il faut supprimer les doutes qui demeurent sur la viabilité du bloc monétaire. »

Boutique du Pardem

Bandeau Boutique

Web Analytics