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EPAM

par Dimitris Kazakis, EPAM

Nous connaissons maintenant tous les résultats des élections législatives grecques du 7 juillet 2019.
A cause de la politique menée par Tsipras et Syriza, la Nouvelle Démocratie (ND) a remporté les élections législatives avec un score qui lui donne la majorité absolue au nouveau Parlement.
C’est la première fois depuis la période de l’après-guerre civile, qu’un parti de droite est aussi renforcé. De l’autre côté, Syriza a réussi à garder ses forces en rétablissant un nouveau bipartisme équivalent à celui des années 80-90 (entre Nouvelle Démocratie et le PASOK). C’est précisément ce bipartisme qui nous a conduit au bord de l’abîme. Environ 70% des voix se sont concentrées sur ces deux partis. Il ne faut pas ignorer le taux d’abstention important (autour de 45%) qui a facilité les choses. Tous les partis qui sont entrés au parlement sont systémiques et contrôlés, d’une façon ou d’une autre, par les créanciers.
Le peuple grec a été manipulé par les médias du système. On lui a caché la vérité sur le lendemain des élections. Durant la période préélectorale, les responsables de Syriza ont signé une série des mesures imposées par l’UE qui seront appliquées par le nouveau gouvernement. On comprend comment le système politique fonctionne en Grèce : l’un signe (le représentant de la gauche, Syriza) et l’autre applique (la droite- Nouvelle Démocratie) et en apparence, ils se battent car ils sont « différents ». Il ne faudrait pas oublier le changement de mentalité dû à l’effondrement de la cohésion sociale associée à une perte progressive de la conscience nationale. Le citoyen moyen vit dans une « réalité virtuelle » nourrie par les médias systémiques. Il y eut le grand moment du référendum, où malgré tout, le « OXI » (NON) l’ayant remporté, le lendemain Tsipras le transformait en OUI en assassinant l’espoir d’un peuple entier…

De notre côté (la coalition EPAM-AKKEL), nous savions que le pari d’atteindre 2% était très ambitieux. Le temps entre les deux élections n’était pas suffisant. Notre liste commune a été bouclée 15 jours avant les élections. La plupart du corps électoral ignorait notre existence. Nous n’avons pas eu accès aux médias nationaux. Généralement, on ne nous a pas accordé pas le temps d’information prévu par la loi électorale. Nous n’avons eu l’occasion de présenter notre programme, au niveau national, que deux jours avant le scrutin. Malheureusement c’était trop tard. Si on ajoute à ces difficultés celle du financement de la campagne électorale… nous pouvons expliquer notre score (0,5% des suffrages exprimés).

Le point positif est que la coalition EPAM-AKKEL n’est pas opportuniste. Nous avons à l’unanimité décidé de continuer ensemble et de lutter pour propager notre message. Nous restons pratiquement la seule voix de résistance. Nous savons que ce ne sera pas facile mais nous sommes déterminés à réussir…
A noter que nous avons organisé, le lundi 15 juillet, un débat public afin d’analyser notre score électoral et pour examiner les solutions et actions possibles.

PAREMVASI

Premier commentaire sur lesrécentes élections en Grèce par PAREMVASI


Les résultats des dernières triples élections (européennes, régionales, locales) marquent la fin d'une époque, processus qui a démarré en 2015. La gauche organisée et les gens de gauche en général trouvent cette situation difficile à accepter. Après le referendum de 2015, la Grèce est entrée dans une réalité politique nouvelle, plus rude et plus conservatrice, dans laquelle deux partis similaires (SYRIZA et Nouvelle Démocratie) poursuivent des politiques similaires, où la Gauche compte mais ne guérit jamais de ses blessures, et où l'extrême-droite sort du lot, en changeant les expressions et les formes. SYRIZA a ébranlé l'esprit de résistance populaire, auparavant dominant tout au long de la période des luttes massives contre les memorandas. Ce parti s'est avéré être le pire cimetière de la Gauche, de ses valeurs et de sa diversité. Le basculement conservateur de la société est assez puissant, non seulement en Grèce, mais aussi en Europe.
L'énorme différence électorale entre Nouvelle Démocratie et SYRIZA démontre bien qu'une société constamment habituée à la logique selon laquelle “La moins mauvaise option est la meilleure”, va finalement choisir la pire option. Nous l'avons vu survenir des milliers de fois par le passé, nous le verrons encore à l'avenir. Tsipras en personne est celui qui a fait la meilleure publicité pour Nouvelle Démocratie. La politique de SYRIZA a légitimé la politique passée des mémoranda mise en oeuvre par Nouvelle Démocratie. Elle a consolidé la doctrine “TINA” (There Is No Alternative – Il n'y a pas d'alternative), ce qui a pavé le chemin pour le caractère ultra-néolibéral de Nouvelle Démocratie actuellement. Les politiques de “cadeaux pré-électoraux”, dont SYRIZA a fait la promotion les quelques semaines précédentes, ne marquent pas un changement de cap, ni “un autre modèle” ou “un autre monde”, contrairement à ce qu'affirme SYRIZA. Elles sont en fait le pic des politiques néolibérales dominantes, imposées. Les deux pôles du système politique, Nouvelle Démocratie et SYRIZA, ont accepté le cadre euro-atlantique qui a été imposé par les créanciers du pays et par son principal superviseur. SYRIZA est arrivé au pouvoir avec un programme politique bien spécifique. Mais depuis, le parti a rejoint le camp des adversaires et a mis en oeuvre l'exact opposé de qu'il avait alors promis. Voilà la réalité, et la promotion d'un bonus de pension supplémentaire par an n'y changera rien, surtout lorsque cela arrive de la manière la plus provocante, juste avant les élections.
La libération idéologique de SYRIZA et la légitimation du néolibéralisme ont pavé le chemin pour le retour triomphant et glorieux de la droite. Si nous résistons à la tourmente qui arrivent en utilisant des armes brisées et vieillottes, nous sommes condamnés à échouer, de la même manière que tenter d'arrêter le néolibéralisme en le rejoignant, a échoué aussi. Si nous voulons maintenir en vie un petit espoir que le mouvement populaire peut reprendre et reprendra, nous avons besoin d'entamer un processus de démolition des structures existantes et de reconstruction avec de nouveaux matériaux.
La Gauche organisée, avec ses programmes politiques et ses structures organisationnelles, a longtemps paru être insupportable et non-fiable aux yeux du peuple et des gens de gauche en général. Le Parti Communiste (KKE), qui attend depuis longtemps de pouvoir profiter des pertes électorales de SYRIZA, a finalement perdu encore plus de votes en comparaison avec les élections précédentes. Les déclarations de soutien des divers anciens membres éminents de SYRIZA n'ont pas aidé. Assez ironiquement, ce sont ces mêmes anciens membres qui ont passionnément soutenu SYRIZA en 2015 et qui ont sévèrement critiqué ceux qui avaient choisi d'aller à contre-courant. Ceux-là mêmes croyaient aujourd'hui que le Parti Communiste rassemblerait la totalité de la gauche mécontente. Le Parti Communiste, inoffensif et utile pour le système local et européen, s'est abstenu de ses tâches imminentes et des exigences populaires en propageant simplement le “paradis” socialiste. Mais une fois de plus, il est parvenu à “rester en vie”. Il est “resté en vie” durant la grande crise économique et politique de 2010-2015, en regardant SYRIZA prendre le pouvoir. Il survit encore de nos jours, en regardant Nouvelle Démocratie prendre le pouvoir. Bien joué, le Parti Communiste ! La question demeure cependant de savoir si et quand le KKE arrêtera tout simplement de “survivre” et se mettra, lui et ses forces vives, pas seulement au service du parti, mais aussi au service de la reconstruction du mouvement populaire. Il sera difficile pour le KKE de parier s'il peut résister au dilemne de la bipolarité aux prochaines élections, ou bien s'il perdra encore plus d'électeurs.
La seule force à la gauche de SYRIZA qui soit parvenue à gagner des soutiens, c'est Varoufakis. Ce n'était pas inattendu et il y a une explication raisonnable à cela. Varoufakis n'a pas été un choix centré sur et autour de lui-même comme d'autres l'ont été. Il a promu un programme pan-européen d'origine social-démocrate. Il a rappelé à la société la dignité perdue de la résistance du peuple grec durant le référendum. Il n'est pas intervenu sur la scène politique interieure grecque. C'est difficile pour lui de conserver le même pourcentage lors des élections parlementaires, mais il est un rappel vibrant de l'espace et des possibilités qu'il y aurait eus à la gauche de SYRIZA, si les choses avaient été différentes.
Les scores électoraux de LAE et ANTARSYA étaient aussi prévisibles. Les deux pourcentages commenceraient par zéro, le seul (et triste) intérêt était dans la décimale et le rang. LAE s'effondre. Les urnes ont démontré ce que le monde entier – sauf les cadres de LAE – sait déjà : LAE n'est tout simplement pas assez convaincant. Lafazanis aurait dû prendre déjà ses responsabilités en 2015, lorsqu'il était clairement apparu que ces cadres politiques ne pouvaient mener à rien de potentiellement nouveau pour la société. Cela aurait dû se faire aussi avec un changement complet de la personnalité et de l'orientation du parti, ainsi qu'un divorce avec ces prétentions comiques que “le système a peur de LAE”. Défendre les gens organisés de la gauche qui ont abandonné SYRIZA en 2015, ne pas les laisser revenir vers Tsipras vaincus, ni s'abandonner à la logique monastique du KKE, ni choisir le chemin de l'individualisme, est une mission extrêmement difficile. Mais c'est la mission de ceux qui comprennent l'ampleur de la défaite. ANTARSYA n'est pas en meilleure position, mais ses cadres politiques tenteront de faire remarquer les pertes des autres forces de gauche pour faire en sorte que sa propre défaite ressemble à un succès. La distortion de la réalité, dans le cas d'ANTARSYA, présentera une version réduite de la rhétorique de la “survie”, en montrant les gains de sièges dans les conseils locaux – une conséquence du nouveau système électoral proportionnel, et non d'une augmentation des votes. De manière assez hypocrite, il tentera d'effacer les deux listes électorales d'ANTARSYA qui se sont opposées dans les deux plus grandes municipalités. La discussion interne sur la victoire de SEK sur NAR (les deux plus grandes fractions d'ANTARSYA) suivra tout simplement la discussion sur la “victoire” d'ANTARSYA sur LAE.
Se pencher sur l'avenir signifie pour les forces sociales et politiques à l'intérieur ou à l'extérieur de la Gauche existante, qui perçoivent l'ampleur de la défaite et le travail qu'il est nécessaire d'accomplir pour l'inverser, qu'elles devront divorcer de leurs habitudes. Ces forces n'ont rien à perdre sauf les chaînes qui les gardent prisonnières dans des visages, des formes et des situations, qui maintiennent la Gauche nue, inoffensive, qui tourne en rond, centrée sur elle-même, en permanence satisfaite d'elle-même et pour toujours non-fiable aux yeux de la société et des classes laborieuses.

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Par Joël Perichaud, secrétaire national du Parti de la démondialisation chargé des relations internationales
Le 21 mai 2019

Le 7 mai, Alexis Tsipras, en tournée en Grèce du Nord pour soutenir les candidats aux élections européennes et régionales du 26 mai, a écourté son déplacement pour tenir une conférence de presse à Athènes décidée à la dernière minute. Alexis Tsipras a énuméré un lot de mesures que le gouvernement s'apprête à prendre. Le chef de la « gauche radicale » grecque a sollicité un vote de confiance à la Vouli (parlement grec).

Le massacre du peuple grec se poursuit.

Le quotidien allemand Handelsblatt avait pourtant publié une étude montrant que 95 % de la supposée « aide » à la Grèce était retournée aux banques et à ses créanciers.

Le « budget grec », hier accusé de ruiner tous les « Européens », n'en n’avait récupéré que 5 % et à quel prix : réduction d'un quart du PIB, administration réduite d'un tiers, Etat encore plus défaillant qu'auparavant sans aucune perspective de reprise.

Après la reddition d’Alexis Tsipras devant le système de Bruxelles, le Premier ministre grec qu’elle avait soutenu avec enthousiasme, la « gauche de la gauche » européenne s’agite en tous sens pour retrouver un peu de crédibilité. Mais comme elle reste farouchement opposée aux seules mesures qui permettraient de débloquer la situation – la lutte pour la sortie de l’euro et de l’Union européenne, c’est-à-dire la lutte contre l’ordre néolibéral mondial – elle en est réduite à des manœuvres de diversion. Il s’agit de faire semblant de s’opposer. Tout est alors question de rhétorique. Monsieur Laurent, du PCF, ne s’y essaye même plus, il a carrément rallié le PS sur ces questions et arbore à sa boutonnière une épinglette du drapeau européen ! Messieurs Mélenchon, Lafontaine, Varoufakis quant à eux rivalisent dans une surenchère verbeuse contre l’Union européenne. Mais ce n’est que du vent. L’essentiel – sortir de l’euro et de l’Union européenne – reste désespérément absent de leurs diatribes. Tel est leur nouvelle vocation : constituer le dernier rempart – avec l’extrême droite – de protection de l’Union européenne en entraînant les citoyens excédés par ce système dans des impasses.


C’est pourquoi nous publions avec son autorisation l’éditorial de Pierre Levy, rédacteur en chef de Ruptures, paru dans l’édition du 25 février 2016. Notre parti est en effet en accord complet avec son point de vue.

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