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 Retour à la direction du Parti 

Patrick SERRES

 

Patrick Serres est originaire de La Réole en sud Gironde. Il est l'aîné d'une famille très modeste de deux enfants. Son père est artisan coiffeur à Barsac, petite ville située dans la zone d'appellation du Sauternais, le vin blanc liquoreux unique au monde. Coiffeur pour hommes, car à l'époque dans les petites localités la coiffure reste unisexe. Sa mère est ouvrière dans une usine de fabrication de chaussures. La famille est très modeste mais l'Éducation nationale permet heureusement l'accès de tous à l'école.

Ses grands-parents maternels sont fermiers en sud Gironde, milieu rural de petites exploitations agricoles, et comme beaucoup dans ce secteur, ils font de la polyculture et vivent pratiquement en autarcie. Le travail est harassant, ne paye guère et il est nécessaire de produire l'essentiel des besoins de la consommation familiale. Seul le samedi, jour de marché à La Réole, permet d'aller acheter quelques produits secs et de la viande de bœuf parfois.

Pour ces petits agriculteurs fermiers, voire encore métayers pour quelques-uns, la vie est dure et le slogan « c'était mieux avant » fait parfois sursauter Patrick lorsque cette idée est avancée aujourd'hui par certaines personnes. Cependant, déjà les premières sirènes de l'agriculture « nouvelle » font entendre leurs bruits et la disparition de nombres de ses petites exploitations se profile.

Sur la table de la cuisine le journal La Terre (du PCF) est posé chaque semaine et l'entraide entre voisins agriculteurs n'est pas une vue de l'esprit mais bien un mode de vie réel en sud Gironde.

C’est une terre de résistance car la ligne de démarcation passait à La Réole pendant la Deuxième Guerre, les maquis étaient actifs en Lot-et-Garonne tout proche. Conséquences de ce passé, beaucoup de villages sont gérés par des maires communistes ou sympathisants ainsi que le conseiller général du canton. Dans le village de ses grands-parents paternels à Hure, lors des élections la bataille est sévère entre le PCF et le Parti socialiste, la droite recueille brillamment 10 à 15% des voix les plus beaux jours ! 

Pourtant les parents ne sont pas du tout politisés, le père serait plutôt de sensibilité PSU car il aime bien Rocard, la mère de son côté ne s'intéresse guère à ce sujet.

L'heure des études secondaires arrive. Direction le collège de garçons à Langon (les filles ont un collège séparé). En 1968, Patrick âgé de 12 ans, avec quelques copains, coupe le tuyau d'arrosage du lycée en tronçons de 20cm en solidarité avec les salariés grévistes ! Voilà les premières réactions « politiques » !

Peut-être grâce à l'éveil provoqué par le cinéclub du lycée tenu et animé par un professeur de français qu'il aime bien, Patrick n'oubliera plus le film Nuit et brouillard et ces monceaux de cadavres poussés au bulldozer dans les fosses. Le BEPC se passe sans difficultés. L'orientation proposée est la seconde C, plutôt scientifique alors qu'il est plutôt littéraire… les mystères de l'orientation scolaire de l'époque. À la fin de l'année scolaire, il décide de sauter le pas, fini les études, il veut passer à autre chose. Il s'inscrit alors à trois concours : les PTT, les Douanes et la SNCF.

Il est reçu aux trois concours malgré un nombre très élevé de candidats et le peu de postes à pourvoir. Dilemme en juillet, il faut choisir son futur métier. Il ne connaît pas plus les uns que les autres. Ses parents lui laissent le choix. C’est la SNCF, tout simplement parce que le poste se situe en Aquitaine plutôt qu'à Paris pour les deux autres. Car il joue au rugby au stade langonnais et ne souhaite pas arrêter ce sport collectif, où tout le monde peut jouer et où la classe sociale n'apparaît jamais entre copains.      

Donc la SNCF, via une filière spécifique, alternance pendant deux années en école de formation SNCF et stage pratique en gare d'attache. En effet, le futur métier se situe dans la filière « Transport/Sécurité » de la SNCF : les agents chargés, dans les gares, d'assurer la circulation des trains en toute sécurité.

Un petit salaire (beaucoup de cheminots partent de l'entreprise pour aller dans le privé où ils gagnent 1,5 fois leur paye) mais surtout une grosse surprise. Lui qui pensait en avoir fini avec les études, c'est loupé ! Deux années de formation intense avec des contrôles continus et obligation de résultats sous risque de voir son contrat se terminer. Pourtant il s'y replonge sans rechigner car il règne une super ambiance entre les vingt élèves de sa promotion et les deux instructeurs (cheminots) sont vraiment sympas, stricts mais sympas. Ils sont déjà traités comme des adultes et doivent se comporter comme tels.

Après la réussite aux deux examens de fin d'année et l'âge de 18 ans venu, direction l'armée à Mulhouse pour 12 mois. À l'époque l'antimilitarisme fait rage dans ces classes d'âge et ses confrontations avec les « gradés » sont fréquentes. Il évite de peu la sanction d'un prolongement du séjour en kaki.

Retour à la SNCF en Charentes à la gare de Saint-Aigulin La Roche Chalais. Un an après, la bougeotte, il accepte un poste « d’intérimaire » où il va sillonner les gares du secteur.

C'est à partir de là qu'il rencontre bon nombre de syndicalistes et adhère naturellement à la CGT cheminots en 1977, puis au PCF en 1978.

Il réussit l'examen d'agent de maîtrise, on lui propose de devenir « Formateur » dans un centre SNCF à Bordeaux. Il accepte le poste et le salaire de maîtrise qui va avec. Ce sont 7 années d'instructeur en école SNCF : formation des nouveaux recrutés, formation continue, formation pour l'accès à la maîtrise constituent le panel des cursus. Une expérience personnelle et humaine très enrichissante.

Durant cette période, sa vie syndicale s'est animée, il devient membre du secrétariat du syndicat UFCM CGT (Maîtrises et Cadres), puis délégué du personnel et ultérieurement membre du CHSCT.

Côté politique, le programme commun de gouvernement signé entre le PS et le PCF vient de faire ses premiers ravages et il comprend rapidement l'impasse dans laquelle les dirigeants du PCF entraînent leur parti. Il quitte le PCF en 1983, soutient la campagne de Pierre Juquin en 1988.

En 1990, il a besoin de changer d'air et se retrouve « Technico-commercial » dans un bureau d'étude SNCF chargé de vendre des prestations ingénieries aux industriels qui souhaitent se raccorder au rail pour faire du trafic Fret. Nouvelle expérience par les contacts avec le milieu industriel.

Il devient trésorier (bénévole) de la Mutuelle des cheminots (Région Aquitaine), 2 500 adhérents, 8 000 ayant-droits, 6 salariés. Cette mutuelle est affiliée à la Fédération des Mutuelles de France. En 1991, il en devient le président (bénévole) pour 8 ans. Les attaques incessantes contre la protection sociale, contre la mutualité pour imposer l'ouverture aux assurances privées jalonnent ses combats avec ses camarades cheminots.

Autre moment fort : 1995. Le « meilleur d'entre eux !!! », selon Jacques Chirac, Alain Juppé alors Premier ministre, veut remettre en cause le régime spécial de retraite des cheminots. Résultat : grève du 24 novembre au 15 décembre (plus de 80% de grévistes tous niveaux hiérarchiques confondus), des piquets devant la direction régionale SNCF à Bordeaux où il se retrouve face aux CRS avec ses camarades, tous les matins à 6 h 30. Souscriptions de solidarité devant les entreprises et administrations de Bordeaux pour récolter des fonds qui serviront aux plus démunis d'entre eux à passer le cap. Quel souvenir, « droit dans ses bottes », ils l'ont fait plier, ils reprennent le travail et c'est eux qui, dans les chantiers, les bureaux, prennent la parole le premier jour de reprise du travail. Les « patrons » doivent rester sur leur chaise et écouter sans rien dire leurs interventions qui remercient tous les cheminots pour leur courage, leur solidarité et leur dignité.

La faute à cette « putain » de culture d'entreprise que nos anciens nous ont cédée en héritage et qu'il a chevillée au cœur depuis son entrée dans la boîte. Une hantise pour les jeunes DRH.

En 2001, il passe le concours d'accès à l'encadrement. Reçu, il prend un poste de cadre commercial au Fret SNCF. En 2011, après 35 ans à la SNCF et cinq métiers différents, il peut laisser la place aux plus jeunes et prend sa retraite.

Depuis 2006 il est adhérent de Palestine 33, groupe local de l'AFPS et en devient président en 2011. L'injustice, toujours la combattre là où elle se niche et quelle que soit la personne atteinte : être à ses côtés. C'est pour cette raison qu'il revendique le droit à l'autodétermination du peuple palestinien qui fait face depuis près de 70 ans à la colonisation israélienne.

Côté politique, après l'énorme déception de 1983 et le tournant de la rigueur, puis à nouveau la trahison de 2011, c'en est fini de ses illusions sur la gauche française. Bien que toujours intéressé par la réflexion sur l'évolution de la société et surtout ses composantes humaines, il reste sans appartenance politique jusqu'en 2013 où il adhère au M'PEP.

Depuis plusieurs décennies, les politiques alternatives libérales et sociales démocrates ont entraîné notre pays vers une impasse économique, sociale et environnementale. Les richesses créées n’ont cessé d’augmenter mais plus de 10 points de celles-ci sont passées de la poche des salariés dans celles des grands patrons et actionnaires divers. De fait, le chômage de masse, la disparition progressive des acquis sociaux et la politique supranationale menée à l’UE exacerbent les relents les plus nocifs entre les citoyens et dévoient le concept de nation. Face à cette situation le PARDEM qu'il rejoint en février 2016, à sa création, propose des mesures concrètes, claires, argumentées et réalistes.

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