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Virginia LOMBARD

 

Virginia Lombard est née en 1970 à Paris, dans le quartier populaire du 19e arrondissement. Issue d'une famille modeste, ses parents sont d'abord et avant tout des ouvriers. Sa mère est à l'usine dès l'âge de 14 ans. Son père a exercé une multitude de métiers entre la France et l'Angleterre : poseur de rail, tailleur de pierre, fort aux Halles, videur de boîte de nuit, plagiste, etc., pour finir ouvrier métallurgiste spécialisé soudeur dans une usine de fabrication de fours de boulangerie dans les Alpes-Maritimes. Après deux années passées à Paris, la famille s'installe à Beauvais (Oise), d’où est originaire la famille de sa mère.

La famille n'est pas riche : les seules évasions que les finances du ménage permettent sont celles que peuvent procurer les livres et la lecture. Ses parents favorisent son goût pour les études. Pour eux, tout vaut mieux que l'usine. Malgré leurs origines modestes, ils considèrent que l’éducation est la porte pour une vie meilleure, un moyen d’échapper à la rude condition ouvrière.

 

En 1975, suite à la perte d’emploi de ses parents qui leur font perdre aussi leur maison, la famille part dans le Sud de la France et s'installe à Cagnes-sur-Mer dans les Alpes-Maritimes, que son père connaissait pour y avoir déjà vécu du temps où il était plagiste. Ils y recommencent tout à zéro. Après quelques années précaires, sa mère obtient un poste titulaire de la fonction publique territoriale, comme agent de service dans les cantines scolaires d’abord, puis auprès des personnes âgées.

En 1986, son père décède et Virginia se retrouve à travailler à l'âge de 16 ans pendant toutes les vacances scolaires puis durant ses années d’université pour pouvoir financer en partie ses études. C’est une succession de petits boulots tels que l’animation en centres de loisirs ou encore le nettoyage de copropriétés. En 1988, le bac vient clôturer des études secondaires (bac littéraire A2). Elle enchaîne avec des études supérieures et obtient une licence d’études anglophones à l'Université de Nice Sophia Antipolis en 1993 (littératures et civilisations anglophones, option traduction littéraire et technique).

En 1990, elle découvre la foi et devient croyante. La foi en Dieu lui donne foi en l’être humain. Elle croit fermement que l’humanité est une, que tous les hommes sont frères et que tous doivent pouvoir accéder aux moyens de s’émanciper pour justement réaliser pleinement leur condition d’êtres humains et atteindre le rang que le Créateur leur a assigné « à Son image ». La foi devient chez elle un moteur de son action militante future. Ce qui ne l’empêche pas de soutenir la laïcité qu’elle considère non pas comme une négation de la foi mais comme la garantie de la liberté de conscience pour chacun et du vivre-ensemble paisible pour tous.

Elle se marie une première fois en 1993 puis quitte la France début 1994 pour rejoindre son mari parti pour travailler à Abu Dhabi, Émirats Arabes Unis. Il n'y a pas de travail en France, ni pour l’un ni pour l’autre. Son mari a décroché un contrat de travail « expatrié ». Elle y passe deux années où elle va acquérir une expérience professionnelle inespérée en France, dans divers domaines d'activité : le parapétrolier, le BTP et le juridique, en tant qu'assistante commerciale, assistante de direction et secrétaire juridique respectivement, le tout dans un environnement international et anglophone. L’expatriation lui apporte aussi un regard sur des cultures fort différentes de la sienne, notamment la culture musulmane et orientale qui exercent une certaine fascination sur elle.

De retour en France en 1996, c'est de nouveau la galère : le chômage est toujours ce qu'il est et elle enchaîne les CDD et l'intérim, dans le domaine juridique et comptable, dans divers cabinets d’avocats et d’experts-comptables à Nice. Elle a déjà connu la précarité avant l’expatriation, mais elle se rend compte que malgré l'expérience de deux années qu’elle a acquise, cela ne pèse pas lourd pour décrocher un travail, d'autant plus que les employeurs sont réticents à embaucher une ancienne expatriée – ils craignent qu'elle ne demande une rémunération trop élevée !

C'est au cours de cette période aussi qu'elle divorce et se retrouve presque à la rue – un malheur ne venant jamais seul ! Elle rencontre ensuite celui qui sera son conjoint actuel et se remarie en 2003.

De 2001 à 2003, elle travaille pendant près de trois ans en intérim à Monaco dans un bureau d'études spécialisé dans le pétrole et le gaz, là aussi dans un environnement international, en tant qu'assistante de projet pour de grands projets techniques d’extraction dont les donneurs d’ordre tesl que Exxon Mobile et Chevron Texaco.

Elle passe ensuite six mois en CDD en tant qu'assistante commerciale, dans une TPE spécialisée dans l'installation de systèmes de télécommunication en mer, pour des navires destinés au charter de luxe. Là aussi, un environnement anglophone. C'est au cours de cette période qu'il lui vient l'idée d'organiser par des études toutes les connaissances qu'elle avait acquises lors de ses diverses expériences professionnelles.    

À la fin du CDD en 2004, elle met à profit la période de chômage qui s’annonce pour préparer un DUT. « Gestion des Entreprises et des Administrations » à l'IUT de Nice, qu'elle valide en 2005 dans le cadre de la formation professionnelle continue. Elle acquiert ainsi des compétences en économie politique, gestion des entreprises, comptabilité, droit commercial et social, mathématiques et statistiques, marketing. En bref, des connaissances qui aiguisent sa curiosité et l’aident à approfondir sa réflexion politique, économique et sociale.

Les cours de droit européen et constitutionnel lui montrent la limite de la construction européenne et l’abandon de la souveraineté de notre pays. Le parallèle entre la situation et celle qui avait prévalu en 1860 avant la sécession et la guerre civile aux USA, lui paraît évident : le droit des États contre le droit supranational. S'amorce alors toute une réflexion sur la question de la sécession de la France hors de l'Union européenne. C’est aussi l’époque du TCE. Avec son mari qui a réussi à se procurer un exemplaire du traité, ils étudient ensemble le texte et comprennent rapidement que ce qui se trame là n’est pas en faveur des classes populaires auxquelles ils appartiennent.

Elle clôture ces études en 2005 par la soutenance d’un mémoire sur la microfinance intitulé « Le micro-crédit : L’argent au service des gens ». La démarche du micro-crédit la conforte dans son idée que la finance doit effectivement reprendre sa place de serviteur au sein de la société – et non plus être le maître qu’elle est actuellement. C’est l’argent qui doit être au service de la collectivité et non l’inverse, d’autant plus si l’on veut promouvoir le progrès humain et le bien-vivre.

Fin 2005, elle décroche un poste d'assistante de département d'enseignement à l'EDHEC, d'abord en intérim, suivi par un autre poste d'assistante commerciale au sein de l'EDHEC Risk and Asset Management Research Centre, centre de recherche appliquée en finance, où elle va rester plus de trois ans. Là encore, environnement anglophone. Elle peut mettre enfin à profit ses connaissances en comptabilité car elle organise toute la comptabilité clients du Centre de Recherche, de l'émission des factures à leur recouvrement.

Ce travail lui permet aussi de comprendre que le monde de la finance ne connaît et ne comprend décidément rien au monde de l’économie réelle. La finance est même complètement coupée de la vie des entreprises et des collectivités, qu’elles soient locales ou nationales. Les pratiques et autres produits financiers et bancaires élaborés d’après les recherches dans le domaine que mène le Centre EDHEC Risk, sont les mêmes qui vont précipiter la crise de 2008 : hedge funds, produits dérivés et autres « spécialités » toxiques.

Elle connaît de nouveau la précarité en 2009, et là pour une période de plus de deux ans. Deux années de galère à nouveau, au cours desquelles sa mère décède. Mais Virginia va mettre à profit cette période difficile pour s'essayer à l'enseignement de l'anglais, tant auprès de jeunes enfants, de collégiens et de lycéens, d'étudiants post-bac qui préparent leur entrée dans une université américaine, que d'adultes qui ont besoin d'améliorer leur anglais pour leur vie professionnelle ou en vue d'une expatriation aux USA. Pour la première fois de sa vie, elle fait l'expérience de la liberté : pas de patrons sur le dos et liberté entière pour organiser son travail ! Mais le modèle économique n'est pas viable pour autant et elle arrête l’enseignement à domicile à la faveur d'un emploi retrouvé fin 2011.

Elle est embauchée chez un transitaire, dans la division fiscale et douanière du groupe, en charge d'un portefeuille d'une cinquantaine de clients pour lesquels elle établit les déclarations d'échanges de biens. Ce travail assez technique implique l'analyse des flux de marchandises dans le commerce intra-communautaire entre la France et les autres État-membres de l'UE avant dépôt des déclarations en Douane.

Ce travail la conforte encore plus dans sa conviction qu'il faut faire sécession hors de l'UE : les flux qu'elle analyse montrent bien la division du travail à l'œuvre au sein de l'UE, division jamais dite mais néanmoins bien réelle. Il lui apparaît alors évident que l'UE est non seulement faite pour les intérêts allemands notamment, et plus largement capitalistes du continent, mais surtout que les anciens pays de l'Est y ont été admis pour servir d'ateliers à l'Allemagne et de réservoirs de main-d’œuvre bon marché pour accentuer la pression salariale sur les travailleurs de l'Ouest européen. Le caractère capitaliste de l'UE apparaît dans toute sa cruauté pour les peuples.

En mars 2015, elle accepte un poste de « compliance officer » au sein de la division Représentation Fiscale du transitaire, dans l'équipe dédiée au nautisme. Une fois de plus un poste dans un environnement international. Elle est chargée de collecter la TVA sur les charters de luxe et de veiller au respect de la réglementation en matière de TVA par les sociétés armatrices. Il va sans dire que « prendre de l'argent à des gens très riches pour le reverser à l'État », est en accord avec ses convictions ! De plus, c'est aussi se rendre compte réellement de ce que peut être la richesse au regard des montants engagés pour la location de ces navires...

Elle est anglophone, et a passé près de la moitié de sa vie professionnelle soit à l'étranger, soit dans un environnement international. Cependant elle est aussi une « multirécidiviste » du chômage et de la précarité. Comme elle aime à le dire sur le ton de la plaisanterie, elle en « connaît un rayon question exploitation, vu qu’elle a été exploitée toute sa vie ! Et ce n'est pas fini... ».

Virginia, qui se définit comme une femme du peuple, est venue tardivement au militantisme. Comme beaucoup de gens de sa génération, elle était trop occupée à lutter pour trouver du travail ou de joindre les deux bouts quand elle en avait. Ce qui ne l’a pas empêchée de nourrir en parallèle cette réflexion sur le travail et la précarité, notamment par des lectures et des discussions. Une réflexion amorcée au fil d'expériences professionnelles vécues pas toujours de manière heureuse d'ailleurs depuis la fin des années 1980, et qui se poursuit. 

Elle adhère d’abord à la CFDT en 1999 suite à un litige avec un employeur. Mais elle rend sa carte en 2003 suite à la réforme des retraites cette année-là. Elle était en total désaccord avec la position du syndicat. Elle adhère plus tard à la CGT, en 2009, et au Front syndical de classe en 2014. C’est aussi en tombant sur la fameuse citation de Warren Buffett sur la classe des riches qui mène la bataille et la remporte, qu’elle s’intéresse au concept de lutte des classes. Elle revient aux fondamentaux en lisant Marx et fait sien ce concept, qui ne l’a plus quittée depuis, et qu’elle intègre dans ses analyses politiques et géopolitiques.

Elle milite également dans le comité de quartier de sa ville (Cagnes-sur-Mer, Alpes-Maritimes) depuis 2006. Elle en a été la trésorière pendant 3 ans. Elle continue de se battre actuellement pour empêcher le bétonnage exagéré de son quartier et de sa ville, afin de préserver une qualité de vie dont elle constate la dégradation depuis 40 ans qu'elle habite dans le Sud.

Passionnée par l'histoire, notamment l'histoire de la Guerre Civile américaine et de la Seconde Guerre mondiale, qui nourrit sa réflexion sur l'impérialisme, le droit des États versus le droit supranational, elle pense que l'histoire conditionne la géopolitique qui elle-même conditionne la politique. Ce sont aussi les événements du 11 septembre 2001 aux Etats-Unis qui l'amènent à engager une réflexion plus globale sur le capitalisme, l'impérialisme, l'Union européenne et plus généralement sur la géopolitique – le point de rencontre entre la géographie, l'économie et l'histoire. Elle vote NON au TCE en 2005. Elle se définit comme « sécessionniste » depuis lors.

Parmi ses poursuites artistiques (le chant, la photo), figure aussi l’écriture : outre la fiction en anglais (puis auto-traduction en français), elle écrit un essai : le Manifeste en Faveur de la Sécession, présenté dans le cadre de l'association Comité pour une Nouvelle Résistance. Elle milite au sein de cette association qui promeut les idéaux politiques de la Résistance et notamment ceux portés par le programme des Jours Heureux, dans les Alpes-Maritimes depuis 2012. Elle est l'une des vice-présidents de l'association depuis 2016.

Son autre spécialité est le TAFTA. Toujours dans le cadre du Comité pour une Nouvelle Résistance, elle anime des sessions d'information/débat sur le sujet, avec une analyse marxisante sans concession de ce traité, ce qui l'amène à aborder les thèmes de la souveraineté nationale et populaire, de la sécession de la France hors de l'UE, de la sortie de l'euro et de l'OTAN, du protectionnisme et des tensions géopolitiques que ce traité et son jumeau côté Pacifique vont immanquablement entraîner. Elle insiste aussi sur la lutte des classes pour justement démontrer que la guerre derrière le libre-échange n’est pas provoquée par une nation contre une autre, mais bien par une oligarchie contre les peuples. Il lui paraît essentiel de désamorcer la croyance selon laquelle c’est l’égoïsme des nations qui déclenche la guerre, alors qu’en fait, ce sont les égoïsmes des classes dominantes à l’œuvre contre les classes dominées qui sont à l’origine des conflits.

En 2011, elle devient « compagnon de route » (militante non encartée) du Front de gauche jusqu'en 2013. Elle milite dans la section cagnoise du Front de gauche (à dominante communiste) où, avec son mari, elle exhorte les camarades à reconsidérer leur position vis-à-vis de l'UE et de l'euro, leur expliquant inlassablement que le seul moyen de s’en sortir, c’est justement d’en sortir. Sans succès hélas, même si elle perçoit bien l'embarras des camarades communistes sur le sujet, notamment au moment des élections européennes.

En effet, elle s'est engagée dans la campagne du boycott des élections européennes en 2014 au sein du Comité national de résistance républicaine à l’Union européenne et son comité dans le département. Toujours en recherche de cohérence entre ses idées et ses actes, elle ne peut comprendre qu’on puisse avoir voté NON au TCE en 2005 tout en s’acharnant à faire la promotion de « l’Europe sociale » qui n’est pour elle qu’un mythe concocté par les classes dominantes pour amadouer les classes dominées et leur faire mieux accepter ce bourreau des peuples qu’est l’Union européenne. L’on ne peut à la fois vouloir sortir d’un système et le cautionner en participant à ses institutions.

Elle a été par deux fois la mandataire financière des candidats du Front de gauche à Cagnes lors d'élections locales, mettant à contribution son expérience comptable « par amitié » pour ses camarades du FdG avec qui elle avait noué des liens forts. Mais si l'amitié a ses lois, Virginia est néanmoins profondément déçue par l'immobilisme du FdG en général, et le manque de réflexion sérieuse et engagée des militants sur la question de l'euro et de l'UE même au sein de leurs instances.

Elle cesse alors de militer au FdG, avant d'adhérer finalement au M'PEP en janvier 2015, dont elle connaissait déjà des membres. Depuis cette date, elle s'engage peu à peu dans les activités militantes du M'PEP/PEP dont les analyses lui paraissent pertinentes, notamment celle sur le clivage désormais obsolète entre la droite et la gauche. Le véritable clivage est celui entre les classes dominantes et les classes dominées, qui fait écho à la lutte des classes qui lui est chère.

Lorsque le M'PEP/PEP se fond dans le PARDEM, c’est tout naturellement qu’elle continue dans cette voie. Elle est déterminée, en militant pour la démondialisation au sein du PARDEM, à ce que son pays sorte enfin de la longue nuit néolibérale dans laquelle la cupidité de quelques-uns l’a plongé.

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