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Texte publié sur Russia Today.

Après dix ans d’absence, la présence de Vladimir Poutine lors de la 70e session de l’Assemblée générale de l’Organisation des Nations unies et son discours du 28 septembre, marque le retour en force de la Russie sur la scène diplomatique mondiale. Le président russe est apparu à la fois comme le chef de file d’une sorte de nouveau camp des non-alignés, et comme défenseur de la légalité internationale et de l’ONU.

Il est encore trop tôt pour dire si cette session de l’ONU entrera dans l’histoire au même rang que la conférence de Bandung (Indonésie) tenue en avril 1955. Elle réunissait pour la première fois les représentants de vingt-neuf pays africains et asiatiques qui allaient devenir une force politique revendiquant pour le Tiers-monde la liberté de choisir son destin entre les deux blocs de l’époque. Il y a un peu de cela dans le discours de Vladimir Poutine qui acte la fin du monde unipolaire dominé par les États-Unis depuis l’explosion de l’URSS. La période que nous vivons est désormais celle du passage de ce monde unipolaire sous domination occidentale, à un monde multipolaire intégrant les BRICS et l’Iran. Ce sont deux visions du monde qui, en réalité, s’opposent. Du côté occidental c’est la défense d’un universalisme artificiel et arrogant, réduit au capitalisme et à la démocratie libérale ; du côté des puissances émergentes c’est la défense de la nation souveraine et de ses choix politiques et économiques, le capitalisme, par exemple, n’étant pas une valeur universelle mais typiquement occidentale. Vladimir Poutine a été appuyé par le dirigeant chinois Xi Jinping qui a affirmé le besoin d’une « nouvelle charte des Nations unies » afin de bâtir des « partenariats d’égaux à égaux » et de respecter la « souveraineté ». C’est en effet le nouvel ordre mondial qu’il reste à construire pour dépasser celui mis en place, avec l’ONU, au lendemain de la Seconde Guerre mondiale. Le dirigeant iranien Hassan Rohani est allé dans le même sens. On regrettera le silence du Brésil, de l’Afrique du Sud et de l’Inde qui, affaiblis par des tensions internes dues aux politiques néolibérales menées par ces pays, réduisent ainsi leur aura internationale.

Mettant l’occident sur la défensive, Vladimir Poutine a défendu le respect de la légalité internationale et le rôle de l’ONU. Il a pulvérisé les leçons de démocratie et sur les droits de l’homme professées en permanence par l’occident. C’est ce dernier qui a organisé un recul très net des principes du droit international. Essentiellement à l’instigation des États-Unis, qui ont mis tous les moyens à leur disposition, le droit international est instrumentalisé pour des causes qui lui sont contraires. Il est même victime d’une tentative de liquidation dans tous les secteurs qui handicapent la liberté de manœuvre des États-Unis. C’est ainsi que la « non-ingérence » dans les affaires intérieures des États et des peuples, disposition centrale de la Charte des Nations unies, devient son contraire avec l’ingérence dite « humanitaire » et le « devoir de protéger » les peuples contre leur propre État. Les États-Unis n’ont jamais supporté les contraintes juridiques issues des conventions multilatérales. Il faut pourtant un retour au multilatéralisme afin de tenir compte de la réalité internationale d’aujourd’hui.

Le règlement de la question syrienne sera-t-il l’acte de naissance d’une nouvelle architecture politique mondiale ? C’est, en tout cas, le sens des propositions du président russe. C’est lui qui rappelle les principes fondamentaux de la Charte des Nations unies, foulés aux pieds par l’occident : la « non-ingérence dans les affaire intérieures d’un pays ». Sa proposition de « coordonner toutes les démarches contre l’État islamique » par une « véritable coalition mondiale contre le terrorisme, semblable à la coalition antihitlérienne », « incluant les pays arabes », et « dans les règles de la charte de l’ONU », est la seule qui peut permette d’avancer vers la résolution du conflit. Vladimir Poutine a encore raison quand il explique qu’il n’y a « pas d’autre solution à la crise syrienne que de renforcer les structures gouvernementales et leur accorder une aide dans leur lutte contre le terrorisme. » Il faut en effet penser aux populations et assurer le fonctionnement des hôpitaux, des écoles, de la distribution d’eau et d’électricité. Il constate que « à la place d’États souverains et stables, nous voyons la propagation croissante du chao ».

Daesh et les autres groupes criminels fanatiques menacent paix du monde. L’objectif principal doit être leur destruction, c’est l’ennemi principal en Syrie, ce n’est pas Bachar el-Assad, même si ce dernier est un dictateur criminel. L’enjeu n’est pas la survie du gouvernement syrien mais celui de la Syrie elle-même. Vouloir détruire le gouvernement syrien, objectif de la coalition occidentale, provoquerait le même chaos déjà observé dans des pays comme l’Irak ou la Libye. C’est ce qu’il faut admettre, car les groupes criminels fanatiques contrôlent 60% de la Syrie, et sur le terrain seule l’armée syrienne est au combat avec les Kurdes du PKK et les unités de défense YPG.

La coalition internationale dirigée par les États-Unis, depuis plus d’un an, bombarde le territoire syrien de manière ciblée. Elle n’a aucun mandat de l’ONU et n’a pas non plus l’accord du régime syrien, quoique l’on pense de ce dernier. Elle n’a donné aucun résultat, les groupes criminels fanatiques ne font qu’étendre leur emprise. Il est donc nécessaire de franchir une nouvelle étape. Dans ce but, il n’y a pas d’autre solution que de rassembler une nouvelle coalition et d’articuler ses forces armées aux forces armées du gouvernement syrien. Il ne s’agit pas de soutenir le dictateur criminel Bachar el-Assad ou au contraire de mettre en préalable son départ. C’est aux Syriens de résoudre cette question. Il s’agit de concentrer toutes les forces pour éliminer le djihadisme fondamentaliste. Un tel accord serait de même nature que celui passé pendant la Seconde Guerre mondiale entre l’URSS et les États-Unis contre l’Allemagne et le Japon. L’URSS et les États-Unis étaient en désaccord sur tout, sauf sur la nécessité supérieure de détruire le nazisme.

http://francais.rt.com/opinions/7605-jacques-nikonoff-sur-dossier-syrien-poutine-a-raison  

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Liste des participants qui ont commenté cet article

  • Invité - LEGROS Yves

    M le dictateur Poutine, criminel avec son propre peuple, en représentant de la raison et de la modération C'est vraiment assez comique
    C'est vrai qu'il ne faut pas faire n'importe quoi quand le monde est fou comme il l'est . Il ne suffit pas de bombarder a tort et à travers et de flinguer des dictateurs pour apporter des solutions ( voir l'Irak, la Lybie et dans une moindre mesure l'Egypte)
    D'autre part devant un fléau tel que DAECH qui, comme d'autres fachos sanguinaires et bas du front a d'autres époques, ne comprennent que la force et la destruction... il est bien difficile d'agir avec intelligence et humanisme dans l'espoir de trouver la meilleur solution pour la paix des peuples et même peut etre la survie des peuples...De plus cette violence et ces guerres génèrent une fuite des peuples vers des pays qui n'ont pas toujours suffisamment de moyens techniques et matériels pour les accueillir alors que la solidarité de base le nécessiterait . Mais de là à soutenir Vladimir......

  • Invité - Gross Jean-Louis

    Bonjour,
    Cette analyse est intéressante car elle va à l'encontre de la criminalisation outrancière de la Russie qui est propagée par les médias occidentaux. Toutefois, comparer la politique de la Russie à celle des pays non alignés me parait largement outrancière. Il faut se rappeler que la Russie défend avant tout sa présence sur une côte Méditerranéenne. La question pour elle n'est pas le maintien d'un dictateur en Syrie, mais plus le maintien d'un accès à tout prix. La guerre menée par les occidentaux n'est en aucun cas une guerre contre le "clan Hassad", dont le père avait ses entrées en France (Haras près de Compiègne entre autres) et jamais aucun tyran n'a provoqué des insomnies à quelques dirigeants politiques, quelqu’ils soient. La question est plus une lutte post coloniale d'influence entre les occidentaux (pour ne pas dire les américains) et l'ancien empire soviétique. Beaucoup d'exemples peuvent justifier cette réflexion, mais la place manque dans le cadre de ce commentaire.

  • A Legros : Poutine a été élu par plus de 60 % des suffrages exprimés, il bénéficie aujourd'hui de plus de 80 % d'opinions favorables en Russie. Après l'intermède du capitalisme sauvage Elstinien. malgré les sanctions et l'ingérence étrangère, il a relancé l'économie de son pays à partir des acquis de L'Union Soviétique, et mis la plupart des olliguarques au pas, mais il en reste . A part l'occident son action est unanimement appréciée à l'international en particulier au Moyen Orient ou les USA n'ont plus les coudées franches .
    Tout n'est pas parfait mais dites moi qui a fait mieux en si peu de temps?

    Mais peut être préférez vous les wahhabites saoudiens, les égorgeurs, ceux qui les manipulent et les soutiennent en occident, y compris en France, et pleurnichent hypocritement après avoir ouvert la boîte de Pandore.

    Il n'y a de pire que l'ignorance, vérifiez vos sources.

    PS : Modérer ce texte ne ferait qu'en dénaturer le sens. Auquel cas détruisez le.

  • Invité - Patrick

    Je reste pantois à la lecture de ce texte. Prendre les dires de Monsieur Poutine au premier degré sans analyser les raisons de ses interventions me renvoie à des temps que j'espérais pouvoir oublier. Il n'en ai rien et la déception en est d'autant plus grande. Comment pouvez vous faire la même erreur ? Dois je conclure que vous n'avez pas plus de jugeotte que vos ainés ? C'est très triste !

  • Votre "argumentation" est insignifiante. Quant à la "jugeotte", vous feriez bien d'en avoir un peu plus et de dépasser vos idées reçues. Face à Daech il faut être efficace. C'est ce que démontre le récent accord antre les Russes et les Américains en Syrie.

    jn

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