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Catégorie : Communiqués de presse

 

Communiqué n°20

Le 7 avril 2017

 

Alors, pour qui voter après le débat du 4 avril ?

Dans un texte diffusé le 27 mars 2017 et intitulé « Pour qui voter le 23 avril 2017 ? », nous expliquions que le Parti de la démondialisation, en l’absence de son propre candidat, avait beaucoup de difficultés à appeler à voter pour un autre candidat.

http://www.pardem.org/presidentielle-2017/647-pour-qui-voter-le-23-avril-2017

 

Nous expliquions que, a priori, les seuls candidats pour lesquels nous pourrions éventuellement appeler à voter le 23 avril sont Messieurs Asselineau, Cheminade, Dupont-Aignan ou Mélenchon. Ils manifestent, chacun à leur manière, bien qu’avec beaucoup de silences et d’ambiguïtés, une certaine volonté de prise de distance avec l’Union européenne. Mais ce seul critère ne peut suffire, car si la sortie de l’euro et de l’Union européenne est une condition nécessaire pour mettre un terme à la crise, elle est loin d’être suffisante, il faut en effet rompre avec les politiques néolibérales.

C’est pourquoi nous avons été particulièrement attentifs, lors du débat du 4 avril, à la prestation de ces quatre candidats. Pour des raisons de taille, nous n’avons analysé en profondeur que deux thèmes du débat : l’emploi et les questions européennes. Notre position n’est pas encore totalement arrêtée, mais après ce que nous avons vu et entendu, nous ne voyons pas très bien comment nous pourrions appeler à voter pour l’un de ces quatre candidats. Décryptage.

Le débat télévisé du 4 avril sur les chaînes BFMTV et CNews, avec les onze candidats à la présidentielle, aura été relativement bien réussi et très utile. Pourtant beaucoup, notamment parmi les grands médias qui n’avaient sélectionné que les 5 « grands » candidats dans un débat précédent, avaient juré que ce n’était pas possible. Après ce débat les mêmes estiment que ce fut la « confusion ». C’est faux ! En réalité les citoyens ont pu découvrir des personnalités, ce qui n’est pas négligeable pour désigner un président de la République, et l’essentiel de leurs programmes.

Certes, tout n’a pas été parfait, on peut reprocher trois faiblesses à ce débat, qu’il est possible de résoudre aisément. D’abord, la journaliste Ruth Elkrief n’a pas été à la hauteur, elle a trop parlé, interrompu certains candidats (et pas d’autres). Elle a ainsi perturbé la libre expression des candidats et créé une tension inutile. S’il y a eu de la confusion c’est d’elle qu’elle est venue. Il faudra l’écarter pour les prochains débats. Ensuite, trop de sujets étaient mis sur la table, rendant impossible tout approfondissement. Il faudrait organiser trois ou quatre débats de ce type (et même plus), mais sur un seul sujet, avec une durée un peu plus réduite (3 heures maximum), afin d’aller au fond des choses. Enfin, le dialogue entre candidats n’a pas été vraiment permis, ce qui prive les téléspectateurs d’informations nécessaires car c’est le meilleur moyen pour pousser les candidats dans leurs retranchements.

Pourtant, au total, les chaînes BFMTV et CNews ont réussi leur pari, même si le côté spectacle n’était pas absent du mode d’organisation. On a compté 5,5 millions de téléspectateurs pour BFMTV, 800 000 pour CNews et 1 million de vidéos vues sur Dailymotion. À un moment ou à un autre, 13 millions de téléspectateurs ont regardé l’émission.

Alors pour qui voter ?

Les quatre candidats « eurosceptiques » n’ont pas convaincu (Asselineau, Cheminade, Dupont-Aignan, Mélenchon)

Ils formulent tous, pourtant, des mesures originales et pertinentes dans un grand nombre de domaines. Cependant, l’essentiel, pour nous, est la reconquête de la souveraineté de notre pays – de toute sa souveraineté. Car c’est la condition nécessaire, mais non suffisante, de la sortie de crise. C’est également le tremplin pour relancer l’action universaliste de la France pour la refondation du monde. Sur ces aspects décisifs ces quatre candidats n’ont pas encore pris la dimension des problèmes. Ils se refusent à admettre qu’il existe une hyperclasse mondiale qui a installé la mondialisation néolibérale et qui règne au moyen de trois piliers : les institutions supranationales, le libre-échange, la globalisation financière. Ils se refusent ainsi à admettre qu’il faut affaiblir cette hyperclasse en redonnant le pouvoir au peuple par la démondialisation.

François Asselineau

Il n’a pas été bon et a même complètement raté son « grand oral ». Il est apparu pédant et prétentieux, enfermé dans ses raisonnements juridiques abscons, focalisé sur la sortie de l’euro et de l’Union européenne sans en expliquer les raisons et les bienfaits attendus. Il n’a pas été le promoteur convaincant de la libération nationale, il a été contreproductif en apparaissant comme un technocrate, un homme de dossiers sans charisme. Cette émission était un quitte ou double, il a manifestement perdu toute chance de jouer un rôle significatif dans cette campagne.

Question des journalistes : « Comment créer des emplois ? »

Réponses de François Asselineau :

Il se trompe une première fois quand il affirme que les questions économiques et sociales ne regardent pas l’élection présidentielle. Or, selon l’Article 5 de la Constitution, « Le Président de la République veille au respect de la Constitution. » Et que lit-on dans le préambule qui, rappelons-le, a valeur constitutionnelle : « Chacun a le devoir de travailler et le droit d'obtenir un emploi. » Conclusion : le Président de la République doit veiller au respect du droit à l’emploi.

Monsieur Asselineau se trompe une deuxième fois. Car depuis l’inversion du calendrier électoral décidé par Lionel Jospin, Premier ministre socialiste (Jean-Luc Mélenchon a fait partie de son gouvernement !), qui a fait passer les élections législatives après l’élection présidentielle, l’Assemblée nationale est conçue pour être majoritairement celle du Président de la République. Autrement dit, la majorité parlementaire doit appliquer le programme du Président de la République. Que l’on approuve ou que l’on désapprouve cette situation, c’est la réalité.

Au total, les propositions de François Asselineau sont rigoureusement incapables de venir à bout du chômage. En cela elles ne se différencient en rien des propositions des autres candidats, tout aussi défaillantes dans ce domaine. À quoi bon sortir de l’euro et de l’Union européenne s’il y a toujours autant de chômage et de précarité ?

Question des journalistes : « L’Europe est-elle un atout ? »

Réponse de François Asselineau :

Au total François Asselineau est apparu comme obsédé par la sortie de l’euro et de l’Union européenne, sans intégrer cette démarche absolument nécessaire dans l’ensemble plus vaste qu’est la sortie tout aussi nécessaire de la mondialisation néolibérale par la démondialisation. L’invocation permanente des traités et les citations du Général de Gaulle dont il ponctue ses interventions lui auront fait oublier celle-ci que nous rappelons à sa mémoire :

Charles de Gaulle, dans C’était de Gaulle, tome 2, d’Alain Peyrefitte, écrit que « C’est de la rigolade ! Vous avez déjà vu un grand pays s’engager à rester couillonné, sous prétexte qu’un traité n’a rien prévu au cas où il serait couillonné ? Non. Quand on est couillonné, on dit : "Je suis couillonné. Eh bien, voilà, je fous le camp ! Ce sont des histoires de juristes et de diplomates, tout ça" ». Nous sommes entièrement d’accord avec cette remarque frappée au coin du bon sens que François Asselineau devrait méditer.

Jacques Cheminade

Son explication de tous les phénomènes tient à un mot : « la finance ». Il n’explique pas pour autant d’où vient la domination réelle de la finance, comme si elle s’était imposée toute seule. Il n’évoque jamais l’hyperclasse mondialisée et son système de domination, il réduit son combat à la seule finance. Il crée ainsi les conditions de son échec. Monsieur Cheminade est apparu décalé par rapport aux préoccupations populaires, aux questions sociales en particulier. Il ne paraît pas être de plein pied dans les réalités et reste à un niveau d’abstraction qui le fait apparaître comme une curiosité.

Question des journalistes : « Comment créer des emplois ? »

Réponses de Jacques Cheminade :

Au total, rien de clair ni précis sur ce qu’entend faire Monsieur Cheminade pour combattre le chômage.

Question des journalistes : « L’Europe est-elle un atout ? »

Réponses de Jacques Cheminade :

Notre désaccord est total sur le rôle attribué aux « pères fondateurs », et il ne saurait être question de soutenir un candidat qui porte cette idéologie.

Nicolas Dupont-Aignan

 

Monsieur Dupont-Aignan est apparu assez vide sur les différents dossiers, se contentant de mettre en avant des formules générales tenant lieu de réponse. Nous avons noté qu’il avait considérablement reculé à propos de la sortie de l’euro et de l’Union européenne.

Question des journalistes : « Comment créer des emplois ? »

Réponses de Nicolas Dupont-Aignan :

Nous constatons que ces propositions sont particulièrement inaptes à résoudre la question du chômage.

Question des journalistes : « L’Europe est-elle un atout ? »

Réponses de Nicolas Dupont-Aignan :

Ce n’est pas sur Nicolas Dupont-Aignan qu’il faudra compter pour libérer notre pays.

 

Jean-Luc Mélenchon

Il est apparu très modéré par rapport à son habitude. L’explication est simple. Il a réussi, pour l’instant, si on en croit les sondages, à siphonner une partie de l’électorat socialiste de Benoît Hamon. Cela le conduit à accentuer une tendance naturelle chez lui à l’enflure du verbe plutôt qu’à la précision programmatique. Ainsi, beaucoup de téléspectateurs auront pu constater par eux-mêmes que Monsieur Mélenchon fait semblant de vouloir sortir de l’Union européenne. Son électorat hétéroclite, avec une partie croyant qu’il veut sortir du système européen, et une autre partie qui croit le contraire, ne peut ni constituer une force propulsive dans la société, ni une majorité parlementaire cohérente.

Question des journalistes : « Comment créer des emplois ? »

Réponses de Jean-Luc Mélenchon :

Sur l’emploi, les propositions de Jean-Luc Mélenchon sont très loin de faire le compte, la création d’emploi apparaît comme la conséquence plus ou moins aléatoire d’autres décisions.

Question des journalistes : « L’Europe est-elle un atout ? »

Réponses de Jean-Luc Mélenchon :

Au total, qu’il s’agisse de l’emploi ou des questions européennes, Jean-Luc Mélenchon reste dans le flou. Il est toujours dans le verbe, la rhétorique. Il n’est pas clair, on ne sait pas vraiment ce qu’il veut. Il est impossible de lui faire confiance.

Conclusion générale

Aucun de ces quatre candidats ne s’est placé à la hauteur de la situation. Le système de domination du monde mis en place par l’hyperclasse mondialisée ne leur apparaît pas comme la menace principale à laquelle faire face. Ils tournent autour du pot, tergiversent, lancent des diversions en mettant l’accent sur un aspect particulier de cette domination. Pour l’un, se sera l’euro et l’Union européenne. Pour un autre ce sera « la finance ». Pour un troisième ce sera… rien ! Pour le dernier ce sera l’embellissement littéraire permanent de tout ce qui se présente.

Aucun n’aura nos voix.

Contact presse : 06 42 82 89 73

 

 

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